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Culture (Article de CAMBODGE SOIR Edition du 05 octobre /2004)

Les arts de la scène khmers se donnent à voir à Paris

Les arts cambodgiens prendront leurs quartiers à la renommée Cité de la Musique, installée dans le Parc de la Villette à Paris, qui leur consacre trois jours, du 29 au 31 octobre, placés sous le thème du "Cambodge, renaissance de la tradition". Ils seront 81 artistes, jeunes et moins jeunes, versés dans diverses disciplines, à s'envoler pour la France, le plus gros contingent jamais invité à ce jour hors des frontières. "C'est une première pour le pays. La plus grande troupe à s'être produite à l'étranger à ce jour est celle du Ballet royal, en 1999, qui ne comptait 'que' 60 danseuses!", s'enthousiasme Kor Borin, animateur du Centre culturel français de Phnom Penh et accompagnateur à la fin du mois de ces représentants des arts traditionnels. Tous les frais de déplacement de cette délégation hautement culturelle sont pris en charge par la Cité de la musique.
Dans la liste des invités figurent 45 danseuses du Ballet royal, dix marionnettistes (petit théâtre d'ombre) de l'association Sovanna Phum, 18 danseurs et musiciens de sovanmachha de l'association Apsara, huit musiciens d'arek du groupe d'arek de Kompong Speu et trois instrumentistes spécialisés dans la musique de mariage qui accompagneront le Ballet royal.

Cette escapade française se prolongera pour les danseuses étoiles du royaume qui enchaîneront avec une tournée dans l'Hexagone jusqu'au mois de novembre. Pour la plupart de leurs compagnons de scène, qui ne joueront pas les prolongations, ils donneront là leur première représentation hors du Cambodge. "Cette invitation à découvrir un autre monde est pour mes petits danseurs, des orphelins et des enfants issus de familles défavorisées, un honneur!", s'enflamme Vong Metry, directrice-adjointe de l'association Apsara. Depuis l'annonce de leur participation à cet événement culturel parisien, elle a décidé d'élever le niveau des répétitions qu'elle a placées sous la direction de spécialistes supplémentaires. "Je veux que le spectacle soit parfait. Depuis un mois, les séances d'entraînement se déroulent normalement de 7h à 10h30, mais les élèves acceptent toujours de poursuivre le cours jusqu'à midi, voire plus. Et sans jamais se plaindre. La perspective de ce voyage leur fait oublier la fatigue", assure la directrice. La mine réjouie de Lak Ravy, un jeune danseur de 8 ans, vient lui donner raison. "Je suis si heureux de pouvoir aller danser à l'étranger! Je vais faire tout mon possible pour donner le meilleur de moi-même", clame-t-il, le buste gonflé de fierté.
Le groupe d'arek de Kompong Speu n'en croit pas non plus sa veine. Ses huit membres ont tous plus de cinquante ans, et leur doyen affiche un frétillant 82 ans. "C'est une grande aventure pour nous qui n'avons jamais quitté le pays. Les Français avaient pourtant fait passer des auditions à des troupes dans d'autres provinces mais ils nous ont choisis, nous, les anciens! C'est inattendu!", commente, au milieu de rires, Ok Sophan, leur chef et également responsable du bureau de la culture de Kompong Speu.
Pour constituer cette délégation, l'organisation Zaman Production, rattachée à la Cité de la musique, s'était en effet rendue au Cambodge l'an dernier et avait parcouru le royaume à la rencontre des artistes pour en sélectionner les meilleurs, explique Kor Borin. "Ce groupe dépêché au Cambodge a sillonné les provinces pour éprouver la valeur de troupes lors de leurs répétitions. C'est ainsi qu'ils ont finalement retenu cinq d'entre elles."


Ung Chansophea et Ung Chamrœun