Apsara Arts Association - Cite de la musique, Paris 2004 / www.apsara-art.org

LE CAMBODGE
Renaissance de la tradition khmère

Du mercredi 27 au dimanche 31 octobre 2004

Danse classique khmère

ApsaraMaking upCité de la musiqueApsara danceSva Hanuman

     

Les arts ressuscités
Fascinés, aventuriers, artistes et missionnaires ont tour
à tour ressuscité la beauté singulière du Cambodge,
où les croyances animistes fécondent les imaginaires
brahmaniques et bouddhistes pour donner vie à de
mystérieuses chimères : « des devata au sourire énigmatique,
des lions qui ressemblent à des griffons », des démons asura aux
sourcils farouches. Fils de l’union de l’eau et de la terre, le
Kambuja, joyau sorti des mers, royaume des esprits nagâ –
toujours vénérés lors de la grande cérémonie du Retrait
des eaux –, raconte l’histoire universelle de la création du
monde, de son éternelle destruction et de sa miraculeuse
reconstruction.
Jadis, le grand nagâ cosmique fouettait la Mer de lait
du mont Méru pour en faire naître l’amrita, l’élixir
d’immortalité… Les Khmers auraient-ils gardé si
longtemps le secret de leur immortalité ? Bien que
les préceptes bouddhistes rappellent que tout est nonpermanence,
Angkor, émanation et miroir de la perfection
cosmologique, hérissée de coupoles-tiares aux mille
bodhisattvas et apsaras, fait à nouveau miroiter l’exubérance
des cours d’antan. Là où la danse des dieux est créatrice
de l’ordre cosmique, la réappropriation de l’identité du
peuple khmer ne peut se réaliser que par la préservation
de l’art et du merveilleux.

La terrible dictature des Khmers rouges (1975-1979) n’aura
pas suffi à éradiquer les arts classiques et populaires, sacrés
et profanes, en exil sur d’autres terres avant de renaître au
Cambodge. Les anciens qui ont survécu mènent un combat
acharné et vital contre l’oubli pour transmettre l’amour
de l’art aux nouvelles générations.

 

Chants après chants,
le Ballet Royal s’immortalise et retrouve dans la mémoire
de tous l’éclat du premier jour. Échos des lointaines
influences de l’Inde, de la Chine et de Java, l’immobilité
sculpturale des danseuses et la symétrie des chorégraphies
dictée par l’esthétique classique et la recherche de l’absolu
sont savamment assouplies par la délicatesse des corps et
le tremblement secret de l’émotion derrière les visages
hiératiques. Ici et là, les croyances primitives s’expriment
à nouveau dans les cérémonies arak dédiées aux espritstutélaires du même nom, dont les mélodies rappellent
celles des musiques de mariage pleng kar boran.
Dans la ville de Kampong Speu, la prospérité des familles
dépend aussi de Pol Samun, femme médium d’exception.
Nourri des histoires du village ou de l’actualité politique,
le savoureux et somptueux sbaek touch ou « petit cuir »
fait revivre les contes populaires d’animaux, proches de
nos Fables de La Fontaine. Mais c’est peut-être à travers
l’Association Apsara que la transmission de la musique
et de la danse est la plus touchante. Dès le plus jeune âge,
les enfants du génocide nous racontent, avec une maîtrise
parfaite du geste et un sens inné de la grâce, les aventures
du Ramakerti (Ramâyana), du roi des singes Hanuman,
de Suvan Machha, reine des poissons, du démon Reap
(Ravâna) et des amours contrariées de Preah Ream (Râma)
et Neang Seda (Sîta), épopée aux parfums de conte
médiéval qui continue de se jouer sur le parvis du monde,
aux pieds des dieux.


Isabelle Gruet

Mercredi 27, 28, 30 octobre 2004 - 15h
Amphithéâtre
L’Armée des singes

Hanuman
Samedi 30 octobre 2004
Rue musicale
Danse des paons
Danse chayyam
Danse populaire khmère

Pich Thary, chanteuse
Hang Seyla, Suos Veasna, Sam Sam Bath, Chun Sopheak,
Lak Ravy, danseurs
Suos Srey Thol,
Keo Kanika,Yuos Hanvorneat, Pich Sokhoeun,
Sim Sonita, danseuses
Ek Sam An, Muy Sok Poa, Khon Sam Ban, Chhay
Pichpanharith, musiciens
Chhay Sopha, directeur de l’association Apsara
Vong Metry, professeur de danse et costumière

 
Danse des paons
 
Chhay Yam
 
 



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